Ce que la famille impose

Monday, May 15, 2006

CE QUE LA FAMILLE PROPOSE…

Le milieu familial est classiquement le milieu d’accueil de l’enfant et en général, l’entourage félicite les parents de l’heureux événement. Hélas, adulte, l’accueil ne sera pas toujours aussi chaleureux pour avoir une place dans la société avec un emploi ou vis-à-vis du partenaire que l’on désire et qui ne nous accepte pas forcément.
Cependant toutes les combinaisons sont possibles, depuis l’enfant non désiré, l’enfant conçu dans un désordre, l’enfant abandonné, l’enfant que l’on aurait souhaité d’un autre sexe…
Pour y voir clair, il faudrait définir ce qu’est une mère et un père.
La vie est faite de deux éléments, maternel et paternel, Yin ou Yang, ou 0 et 1 ou “a” et “b” chacun choisira la dénomination à sa convenance.
La définition de la mère et du père ne peut se faire à partir de modèle humain parce que la mésentente du couple a marqué toute l’humanité jusqu’à nos jours. Nous prendrons des modèles matériels, car toute la vie est basée sur ce principe. Prenons l’exemple de l’automobile :
Les circuits ont évolué avec l’introduction de l’électronique et de l’informatique, mais si on se tient à ce qui est classique, on peut dire :


Le circuit maternel comprend un circuit nourricier avec l’essence et l’air, un circuit de protection ou de sécurité avec l’huile pour les frottements et l’eau pour le refroidissement.

Ces circuits maternels sont des cercles avec la pompe à essence, la pompe à huile et à eau.

Le circuit paternel est différent et indépendant du précédent. Il apporte l’étincelle, qui décide de l’explosion et la régulation avec le démarrage au démarreur et à l’embrayage, si le moteur tourne. L’accélération et le ralentissement agissent sur le carburateur et en faisant varier l’alimentation en essence et en air ou sur la transmission avec la boîte à vitesse.
La direction et le frein contrôle le trajet de la voiture.


Tous nos appareils sont basés sur ce principe : un système qui tourne en rond (parce qu’il est plus facile de dévier une voiture qui roule qu’une voiture immobile.) et une régulation qui permet l’adaptation aux circonstances ou à ce que l’on désire.
En transposant ce modèle à ce qui est humain, on comprendra le rôle de la mère et du père, alors que dans la réalité, les fonctions n’ont pas été toujours pleinement assumées.
La mère donne la vie qui s’inscrit d’abord dans un cercle vicieux, comme les cycles de la vie : cycle des jours et des nuits, cycle de nos besoins, cycle des saisons, cycle des morts et des vivants…
Nourriture et entretien vont être la base de ce cycle.


Rien ne ressemble plus à la cuisine et le ménage d’aujourd’hui que ce qu’il faudra faire le lendemain. On pourra, certes, y apporter des nuances, mais le principe est le même et il s’applique à tout ce que nous possédons, aussi bien à notre corps qu’à notre appartement, notre voiture et surtout à l’enfant.


Un enfant pleure à la séparation de la mère et ceci se produit, d’après les travaux de Spitz, à partir de 8 ème mois. Par conséquent, tout ce qui entoure, le soutien, la confiance, la séparation, le rejet sont liés à la mère.

Toute mère ou tout équivalent maternel ont une certaine façon de se comporter vis-à-vis de son enfant. Sans être juge du contenu, ni de sa justification, je ne retiendrai que les intensités de la relation mère-enfant aussi bien dans l’affection et la protection que dans le rejet.



Une goutte de rejet avec de fortes intensités peut détruire une union sans espoir de la réparer.

Nous avons tous une angoisse de séparation, puisque l’on se dit “Au revoir”, mais elle peut s’exprimer avec des intensités variables. Il n’y a qu’à observer les enfants pleurer lorsque la mère s’éloigne de l’entrée d’une école maternelle pour se rendre compte du drame de la séparation pour certains. Celui qui sera très possessif sera jaloux et dira à son partenaire “Si tu me quittes, je te tuerai!”

Le père est une entité complètement différente de la mère. Il a une culture et une façon de réagir qui lui sont propres. L’enfant est confronté à l’univers paternel à partir d’une imprégnation maternelle et non pas dès sa naissance.
Le père doit maintenir la paix dans la maison au même titre que le maire ou le préfet ont les moyens de mobiliser la police ou l’armée pour imposer la tranquillité de la ville.
Toute situation peut être évaluée dans ses ingrédients, son coût, ses conséquences ou ses résultats. La mesure sera paternelle. Elle demande recul et objectivité. Mesurer ne veut pas dire forcément sanctionner. A chacun d’en tirer les conclusions.
Le père a un rôle de guide, d’entraîneur ou de modèle pour diriger l’enfant dans la vie sociale.


Mélanger le plâtre et l’eau, le sable et le ciment, tartiner les carreaux, les briques, les agglomérés… sont à la portée de tous. Ce qui caractérise le métier du maçon est la mesure à laquelle il faut obéir pour faire“droit”. Dans toute réalisation, la mesure est un impératif dans tous les domaines pour travailler correctement et concilier tous les acteurs d’une réalisation. Faire “bien” est une valeur affective variable selon l’appréciation de chacun.

Le couple avec les enfants forment la cellule familiale qui est à la fois l’unité de la société et une entreprise.
• La famille comme l’unité de la société :
Elle puise ses ressources dans celle-ci. Elle fournit sa contribution par son travail ou profite d’avantages sociaux. Elle doit se conformer à ses lois ou en veut les modifier en se révoltant ou en étant marginal. Plus sournoisement, elle peut vivre dans l’illégalité. Ces différents aspects peuvent s’interférer de manière variable pour adapter la famille à la société. Celle-ci ne représente qu’une partie de la société, mais pas toute la société.
• La famille comme entreprise :
Elle a un local, son habitat, un budget et doit s’acquitter de tâches. Elle doit au minimum assurer la nourriture et l’entretien des personnes qui y vivent et des locaux. Elle doit aussi veiller à l’éducation des enfants et pourvoir à leurs besoins. Elle doit coordonner les rôles de chacun et les tâches sont partagées, en théorie, pour le meilleur et pour le pire.

L’équipe familiale commence par le couple. En principe, c’est le sentiment d’amour qui nous attire vers un partenaire avec l’envie de le garder près de soi et de partager le maximum de choses avec lui et de fonder un foyer. Ceci est la théorie, car le sentiment d’amour est labile comme tout sentiment, l’habitude l’atténue, les difficultés ou les sollicitations extérieures le remettent en question.
Les études peuvent être longues, mais elles se finissent par un diplôme. On passe une bonne partie de sa vie dans son métier, mais il fait suite à une retraite. Le mariage est une structure qui n’a pas de fin dans son principe.
Il faut distinguer l’affectif qui gère les sentiments et l’entente qui est objectivé par le comportement qui peut s’enregistrer par une caméra et qui se mesure par des résultats.
La meilleure entente que l’homme a réalisée se trouve dans le travail à la chaîne pour l’aspect spatial ou l’orchestre pour l’aspect temporel, les deux étant liés. Cette coordination nous donne accès à tout ce que nous consommons. Il s’agit d’une mise en commun ponctuelle, sous contrainte, stéréotypée et spécialisée, mais en général rémunérée. Cependant, l’entente s’adresse à tous les domaines, il s’agit d’une coordination efficace entre êtres humains qui permet de les rendre solidaires.
Le couple est impliqué dans l’entente des partenaires et de leur comportement. Il nécessite des temps de partages et de mises en commun, des espaces de tolérance où l’autre exprime sa différence avec des activités qui lui sont personnelles, mais que nous admettons, enfin des domaines d’indépendance que nous acceptons mal. La proportion de la mise en commun varie avec chaque couple et peut aussi évoluer dans le temps.
Souvent les accrochages dans le couple sont banals et même certains couples fonctionnent uniquement sur ce mode avec disputes et réconciliations. Parfois, la fissure du couple devient fêlure et passé un certain seuil, la relation ne peut plus revenir comme avant. Si les partenaires insistent dans cette direction la rupture devient inévitable, surtout lorsqu’un partenaire utilise tous ses moyens de défense pour faire mal à l’autre.
L’harmonie du couple retentit sur l’enfant. Au lieu de s’entendre sur les normes à respecter dans la famille, selon les cas, il y aura contradiction et le pire c’est lorsqu’on prend l’enfant à témoin, montrant les fautes du partenaire ou que l’on dévalorise une image parentale.

L’ESPACE ET LE TEMPS

La famille a un habitat et une adresse. Le logement est-il suffisant pour que chacun ait sa chambre ou un espace où il peut avoir son intimité ? Les parents ont-ils suffisamment de temps à consacrer à leurs enfants ? Il ne faut pas croire que les enfants s’élèvent tout seul et que leurs difficultés s’effaceront toujours avec l’âge. Ils ont leur marge d’adaptation et ils ont besoin d’être aidés dans leur évolution.
Si on compare les cerveaux de rats dans un milieu pauvre et ceux élevés dans un milieu riche, on remarque que chez ces derniers les neurones sont davantage développés avec des connexions plus nombreuses. Le milieu familial devrait être riche en animation, centres d’intérêts et informations.

L’ENFANT A BESOIN DE SOINS

L’enfant a besoin de nourriture, de toilette et de protection. La manière dont ces tâches seront assumées retentira sur l’éducation de celui-ci.
Une mère alimentaire fera des réponses en se servant de la nourriture pour apaiser ou faire plaisir et même charmer son enfant, alors que la situation ne le demande pas. D’autres mères n’aiment pas nourrir, parce que la cuisine dégage des odeurs et fait grossir. Parfois certains aliments sont bannis comme les graisses et les féculents parce qu’ils sont associés à l’idée d’embonpoint, à l’inverse, on préfèrera des produits allégés qui ne sont pas forcément convaincants. La corvée de nourriture peut être ressentie très tôt par le nourrisson qui réagit par une anorexie. Par souci esthétique ou pour d’autres considérations, certaines mères refusent d’allaiter leurs petits.
Les pères peuvent aussi avoir cette fonction, mais si la mère nourrit le fœtus et allaite quelle que soit l’espèce, elle est prédisposée à ce rôle qui est indispensable à l’existence, alors que le père doit apprendre.
La nourriture est liée à la production de déchets. Il faut tenir propre la maison et l’enfant. Il faudra le changer dès qu’il fait ses besoins et lui mettre des vêtements propres. Vous avez des mères nettoyeuses qui passe beaucoup de temps à laver et qui ont une perception spécialisée à tout ce qui est tache, poussière ou saleté. Elles en deviennent agressives et obsessionnelles à vouloir maintenir un état parfait, alors que tout est à recommencer les jours suivants.
A l’inverse, négliger l’hygiène minimum donne l’impression de l’enfant abandonné. Entre ces deux extrêmes, chacun situera la bonne mesure.
Il faut protéger l’enfant de tous les dangers qui le menacent : écarts de température, chutes, objets dangereux, maladies…
Surprotégé, on risque de lui présenter l’extérieur comme dangereux et de l’étouffer dans son évolution. Le fait d’alimenter des animaux en nourriture stérile, par exemple, les rendra plus fragiles aux infections. On ne pourra jamais supprimer tous les dangers, mais il vaut mieux apprendre à y faire face le plus efficacement.

Confronté à une réalité trop difficile à assumer, l’enfant risque de régresser et de ne pas lutter pour surmonter ses obstacles, mais parfois il peut se surpasser par son instinct de survie et réaliser de véritables performances.

A la naissance, la prise en charge de tous les besoins du nouveau-né est totale, ensuite elle diminue lorsque l’enfant gagne en autonomie. Elle peut se perpétrer lorsqu’il doit se consacrer à des objectifs. Bien souvent, on soulage l’enfant de toutes ses tâches pour qu’il se consacre aux études, mais après les examens, il participe rarement aux besognes de la maison.

L’ENFANT A BESOIN DE SANCTION

Sous l’emprise de ses pulsions, l’enfant ne demande qu’à les satisfaire. Il sait utiliser toute son énergie, son charme ou différentes stratégies pour arriver à ses fins. La publicité a compris qu’il était un complice intéressant pour favoriser la consommation.
Si on va dans le sens de la satisfaction de ses pulsions, nous allons faire de nos enfants des mendiants qui sollicitent les autres pour satisfaire leurs besoins.
Il faut apprendre à régler nos pulsions en fonction des réalités. Apprendre à attendre ou à temporiser, suspendre, déplacer notre satisfaction, prendre une distance par rapport à nos désirs, abandonner ou perdre, supporter la frustration…
Ceci ne veut pas dire supprimer ses pulsions qui sont un moteur important de la vie, sans lesquelles elle perdrait de son goût, mais de ne les laisser passer que lorsque “la porte est ouverte”, c’est-à-dire lorsque cela est possible, dans le respect des choses.
L’enfant est demandeur vis-à-vis des parents, c’est à eux de refuser ou d’accepter, d’expliquer ou de solliciter cette demande.


L’enfant a tendance à toucher à tout et à faire des “bêtises”. Il est plus facile de détruire que de construire. Il est important de fixer des limites à son comportement. A l’inverse, il faut l’inviter à faire ce qu’il faut alors qu’il refuse. Que faire dans ces situations conflictuelles ?

Il s’agit d’un acte de justice avec des règles de justice. Il faut qu’il y ait eu un délit et ne pas le gronder parce que l’on est énervé ou contrarié, alors qu’il n’a rien fait ou qu’il n’en est pas l’auteur. La peine doit être juste, proportionnelle au délit et surtout éducative pour la prochaine fois. L’essentiel est qu’elle soit efficace. Ce n’est pas la peine de manifester de grandes colères ou de battre avec violence l’enfant.
Il suffit d’être ferme et précis sur le point litigieux, en accord avec son partenaire, pour manifester son mécontentement. Si ce n’est pas suffisant, ce n’est pas la peine de surenchérir une situation tendue, il vaut mieux reprendre le préjudice en dehors la phase aiguë. Il faut avoir le souci d’être avant tout éducatif. Il s’agit de transmettre une information et non de soulager sa colère.


La même phrase dite par le père ou la mère ne donne pas la même réaction chez l’enfant. Si la mère sanctionne, l’enfant se met souvent en opposition.

Le rôle de la sanction est davantage attribué au père. La même phrase prononcée par la mère ou le père n’emprunte pas le même circuit nerveux. Si la mère sanctionne, souvent l’enfant le prend mal.
Imaginez que je vous invite à passer une journée dans un décor merveilleux et animé où vous serez gâté et que je vous vexe au dessert du repas du soir. Vous ne retiendrez que le désagrément de ma remarque en oubliant les efforts accomplis tout au long de la journée. L’enfant réagit de même.

LE RESPECT

Cette valeur est essentielle. Avec ses parents, il ne faudra pas se permettre ces écarts de langage et de comportements. Il ne faut pas confondre les parents et les copains. Les parents sont derrière l’enfant, ils ne sont jamais des partenaires égaux à lui. Si l’enfant a compris cette notion, il différencierait les arrières qui sont son capital et sa position et les avants qui est la situation présente. Certains enfants, qui n’ont ni la compétence, ni les moyens, commandent une famille.
Bien que le respect des parents fasse partie des dix commandements, il ne s’agit pas d’une question de morale. Les parents sont derrière l’enfant pour l’aider et le soutenir. Ils ne sont jamais l’égal de l’enfant !
Il faut à chaque fois vérifier sa posture avant de parler ou d’agir. Cette notion est essentielle pour éviter les déconvenues ou les échecs. Avec respect, tout est possible aussi bien dans le monde matériel pour réaliser un chef-d’œuvre que dans le monde humain pour mériter la confiance de l’autre.
Si on pouvait enregistrer les disputes mère-fille en négligeant les timbres de voix, on ne saurait plus qui est la mère ou qui est la fille, chacune donnant des ordres et des reproches à l’autre.
Sans respect, notre évolution sera limitée parce que nous heurtons et les réactions ne se font pas attendre aussi bien sur le plan matériel (parce que si nous ne sommes pas délicat et attentif à ce que nous faisons, nous n’irons pas loin) que sur le plan humain en déclanchant des réactions de défense chez les autres.

LES VALEURS DE LA FAMILLE

La famille est un petit royaume régit par des règlements. Tolérance, autorité, arbitraire, laisser-aller, chacun a subi à sa manière la gestion de sa propre maison. Le fait d’aller dans une autre maison ou une institution permet de découvrir d’autres règles.
Certaines familles sont fusionnelles, souvent des matriarcats où les enfants, même mariés viennent voir ou téléphonent régulièrement à la maman qui conseille ou rassure. Dans d’autres familles, à l’inverse, chacun vit en indépendance.
“Faire droit” nécessite de se référer à un appareil de mesure objectif qui contrôle toutes les opérations. En faisant droit, on met d’accord tout le monde et ainsi on peut réaliser une orchestration, un ouvrage audacieux et même aller sur la lune…



“Faire bien” est relatif à chacun. Ce qui est bien, pour certains, ne convient pas forcément pour les autres et relève de valeurs affectives souvent difficiles à préciser et sont multiples.

Définir, ce que l’on aime, ce que l’on rejette, ce à quoi nous disons “oui” ou “non”, ce que l’on cherche, ce que l’on craint sont autant de valeurs qui nous font réagir. Il n’y a pas de standards établis ou de normes.
Prenons l’exemple de l’esthétique. Si vous me proposez de belles choses, je partage cet avis avec vous. Ce peut être un beau paysage, un joli morceau de musique, un chef-d’œuvre, une performance, mais aussi un travail avec l’application et la recherche pour faire beau. Parfois l’esthétique n’est qu’apparence. Le foie gras qui a très bon goût, mais provient d’un foie qui est surchargé en graisses par gavage et par conséquent, fait avec des animaux qui ne sont pas en parfaite santé. Une belle chemise qui n’est pas chère témoigne peut–être de l’esclavage des travailleurs au Bengladesh ou en Chine ! L’esthétique est aussi dans ce qui ne se voit pas, dans le silence et la discrétion. Il existe des gens formidables, qui ne sont pas des vedettes et dont on ne parle jamais.
Le fond traduit les valeurs affectives, peut importe la forme. On peut très bien s’entendre avec des étrangers sans parler leur langue et ne pas se comprendre avec des Français en parlant français !
Avec une personne se crée une relation, à travers celle-ci se transmet des informations. Ainsi pour notre partenaire ou ses enfants, la qualité de nos relations permet d’échanger des informations.
Hélas, je ne peux pas transmettre tout ce que j’aurais envie à mes enfants. Il faudrait qu’ils soient intéressés et qu’ils m’écoutent. En fait, ils n’en retiennent qu’une partie.
On peut transmettre en dehors des mots, par notre attitude, notre comportement, notre exemple. Nos faits et gestes sont observés et commentés, la réciproque est aussi valable vis-à-vis de nos enfants. Les épreuves de la famille et de chacun servent d’expériences et de modèles.
La famille est une société en miniature avec des normes à respecter et des rôles à tenir qui parfois ne vont pas forcément dans le sens du bien-être de l’enfant. Quelques exemples :
Une famille trop possessive oblige l’enfant à passer ses week-ends en famille. Pour des raisons de santé de ses parents, l’enfant devenu adulte doit leur consacrer beaucoup de temps, les années passent. Les parents meurent et le sujet reste seul et célibataire, il n’a pas géré sa propre vie.
Si l’enfant évolue plus que la famille, il peut être mal perçu, car il lui échappe.
Parfois, la famille ne donne pas les moyens ou entrave l’évolution de l’enfant motivé.
A l’âge adulte, l’enfant doit quitter la famille pour faire sa situation et créer à son tour sa propre famille. Cette séparation peut être mal acceptée, en particulier, par les mères possessives.

LA GESTION D’UNE FAMILLE

L’entreprise familiale doit faire face aux tâches de maison, à la satisfaction des besoins des personnes qui la composent, à la gestion du budget et elle doit aussi faire face aux contraintes sociales. Ce n’est pas un équilibre statique, mais dynamique évoluant avec le temps et parfois mis à l’épreuve par l’accident, la maladie, l’imprévu ou la rupture de la vie en commun, soit que les enfants grandissent et quittent la famille, soit que le couple divorce ou ait une vie parallèle.

• L’argent
Est-il suffisant pour couvrir les besoins individuels et de la famille ? Doit-on allouer un budget à chaque membre de la famille ou les dépenses sont–elles en fonction des valeurs? Dans ce cas, on pourra investir dans l’achat d’un piano, par exemple, qui a une valeur éducative et on refusera l’achat d’un paquet de cigarettes pour raison de santé.
L’extraction de l’argent, c’est–à-dire les moyens d’y accéder par un métier ou par n’importe quelle transaction, prend du temps, de l’énergie et parfois au détriment du temps passé en famille.
Lorsque l’argent manque, il faut compter et se priver, la famille est mise à l’épreuve de frustrations et même parfois de désespoir.

• Les valeurs d’investissement
L’argent n’est qu’un moyen qui peut nourrir un projet. Lequel ?
Il faut épargner pour financer ses idées. Sans elle, elles ne verront jamais leurs applications. Chacun en fonction de ce qu’il croit être “bien” investira leur argent :
- dans des biens de consommation : les vacances, les loisirs,
- dans des biens culturels : livres, voyages, formation
- pour faire prospérer son argent.
La gestion ne consiste pas à thésauriser ou à dépenser, mais à faire au mieux de ses besoins et de ses possibilités, de son épanouissement et de la construction de son avenir.

Pour certains, la famille a été source de préjudices et de mauvais souvenirs, ils ont préféré la fuir ou l’ignorer. Ils ont même la hantise de ne pas commettre les erreurs d’éducation qu’ils ont subies.
Supprimer la présence physique de la famille n’enlève que l’image apparente et non ce qui a été inscrit pendant des années dans leur cerveau et que l’on ne peut effacer.
Il faut apprendre des éléments différents pour élargir la possibilité de choix entre faire ce que l’on a appris et faire autrement. Réactiver les souvenirs douloureux du passé les réactualise et les renforce alors que l’oubli les estompe. Ils ont cependant une valeur énergétique de révolte qui nous fait agir par réaction du passé et non parce que la situation présente le demande.

On ne choisit pas sa famille, mais quelles que soient les conditions, il faut savoir que la maison est en principe un lieu où l’on mange et l’on se repose et notre évolution se fait à l’extérieur. C’est là où on trouvera l’amitié, la sexualité, l’argent et bien autre chose, mais aussi les dangers, les pièges et les gens inconvenants.
L’enfant préoccupé par les histoires de famille n’a ni la compétence, ni les moyens d’y remédier. Il est plus important qu’il s’occupe du chemin qu’il fera dans la vie.

L’enfant est un étranger qui pénètre la famille, on souhaite qu’il soit bien accueilli et de lui donner comme tout être vivant les meilleures conditions de croissance et d’évolution.

Les histoires de famille consomment du temps et de l’énergie, sans pouvoir se résoudre. Elles sont source de distension et même d’éclatement de la famille. C’est l’occasion de vous donner un conseil qui n’est pas de moi et qui ne s’adresse pas forcément à la famille, mais qui est valable en toute circonstance. Il est très bien exprimé par :



Pour retourner à : Ce que les humains proposent
http://jancopy6.blogspot.com